Les épiceries et solidaires dans le Finistère

Les Epiceries sociales et solidaires en Finistère : déjà une bonne douzaine !

 Jean-Claude Morvannou, de la Banque alimentaire de Quimper, en conversation avec Martine Thiery, responsable de l'accueil à l'Epicerie sociale de Quimperlé.


Jean-Claude Morvannou, de la Banque Alimentaire de Quimper, en conversation avec Martine Thiery, responsable de l'accueil à l'Epicerie sociale de Quimperlé. 


Accueil, écoute et « achats » alimentaires


Dans le Finistère, neuf épiceries sont en fonction : Quimper, Douarnenez, Pont-l'Abbé, Quimperlé, Landerneau, Guilers, Agoraé (Université de Brest), Lesneven et Concarneau; Scaër, Châteauneuf-du-Faou et Morlaix sont en projet très avancés.


La crise économique et son corollaire, le chômage, ou la travail partiel (souvent féminin) sont le plus souvent les déclencheurs du recours à l'aide alimentaire. Les bénéficiaires des Épiceries sociales (ou solidaires) ne sont pas forcément des personnes exclues de la société. 85 % disposent d'un logement fixe, 69 % ont un emploi à temps partiel, près des trois-quarts des personnes qui ouvrent la porte des Épiceries sont des femmes.


Les accidents de la vie : divorces ou maladie, peuvent aussi entraîner certains à faire appel à l'aide alimentaire distribuée dans ces lieux, 28 % de ces bénéficiaires sont divorcés, souvent des femmes seules avec des enfants, 16 % sont malades. 46 % des personnes aidées ont recours à l'aide alimentaire une fois par semaine, ou plus.


*Ces statistiques émanent d'un enquête Ipsos (institut de sondages) récente.


 


Pas d'aumône... des achats avec ticket de caisse et une participation de 10 %


A l'Epicerie sociale de Quimperlé, qui « tient boutique » dans les locaux des services sociaux de la commune (CCAS), c'est Mme Martine Thiery, employée municipale, qui gère le stock alimentaire sous forme d'une véritable épicerie : rayonnages, conserves, produits frais (laitages, etc...), fruits et légumes, plats préparés et congelés. Produits d'hygiène également.


L'abord est primordial ! Un « sas », avec machine à café, petite table et chaises pour enfants, permet un accueil personnalisé et discret, où les personnes aidées peuvent se confier, recevoir quelques conseils, des propositions de menus diversifiés et équilibrés. Bref, bénéficier d'un accompagnement social. Elles sont recommandées par le Centre communal d'action sociale, qui est placé sous la responsabilité d'un élu, Mme Madeleine Bergot, adjointe au maire.


Martine le précise : « Nous aidons actuellement 187 personnes, beaucoup ne viendraient pas à l'Epicerie sociale si elles ne payaient pas 10 % de leurs achats à la caisse. C'est, en effet, pour elles, une question de dignité ! Nos clients sont souvent des femmes seules avec enfants (familles mono-parentales), mais depuis deux ou trois années nous accueillons aussi des personnes âgées percevant de petites retraites, ou des minima sociaux ».


Ces personnes ont le plus souvent eu connaissance de l'Epicerie par l'intermédiaire des assistantes sociales du secteur.


 


L'importance de la « ramasse »


Mme Martine Thiery met l'accent sur la « ramasse », qui a lieu cinq ou six jours par semaine sur la ville de Quimperlé. Un douzaine de bénévoles, bien organisés, passe quotidiennement dans les grandes surfaces pour recevoir des aliments frais, ou secs, en date limite de consommation. « Un plus très important pour l'Epicerie locale, qui s'approvisionne par ailleurs, tous les 15 jours, à la Banque alimentaire de Quimper ». Un camion bien rempli !